Maladie d’Alzheimer : causes et facteurs de risque

Que se passe-t-il dans le cerveau lorsqu’on a la maladie d’Alzheimer ? Quels sont les facteurs environnementaux ou génétiques qui y prédisposent ?

Les causes de la maladie d’Alzheimer ne sont pas encore pleinement comprises, mais on connaît les effets sur notre cerveau. Un cerveau touché par la maladie endommage et tue les neurones, il a beaucoup moins de cellules neuronales et de connexions entre elles qu’un cerveau sain.
Au fur et à mesure que les neurones meurent, la maladie d’Alzheimer va entraîner un rétrécissement important du cerveau.

Lorsque les médecins analysent au microscope le tissu cérébral touché par la maladie, ils remarquent deux types d’anomalies qui sont considérées comme caractéristiques de la maladie :

  • Les plaques amyloïdes. Ces plaques de ces protéines dites bêta-amyloïde  (ou séniles) ne sont pas spécifiques à Alzheimer. Il en apparaît aussi au cours du vieillissement cérébral normal, mais elles sont alors très peu nombreuses. Chez les patients Alzheimer et dans la trisomie 21, elles sont au contraire envahissantes. Ces plaques sont constituées d’un dépôt de substance amyloïde formée de faisceaux de filaments. Cette substance est très stable et très persistante.  Elle a d’ailleurs tendance à infiltrer la paroi de certains vaisseaux du cerveau, ce qui à la longue aggrave l’état des patients en diminuant l’apport d’oxygène et de substances indispensables aux cellules nerveuses. Cependant, on ignore si ces plaques amyloïdes sont la cause ou la conséquence de la maladie.
  • La dégénérescence neurofibrillaire. L’accumulation de plaque amyloïde engendrerait une augmentation de la synthèse de protéine TAU, qui causerait la dégénérescence neurofibrillaire. En temps normal, les protéines Tau sont indispensables à la cellule : elles lui permettent de fabriquer les structures qui transportent les messagers chimiques (neurotransmetteurs) vers les terminaisons nerveuses. Au cours de la maladie d'Alzheimer, une anomalie affecte la synthèse de ces protéines ; elles deviennent alors incapables d’assurer cette fonction de transport des messagers chimiques et s’accumulent au contraire sous la forme de filaments en hélice, ce qui finit par provoquer la mort des neurones. Ainsi, au fur et à mesure du développement de la maladie, on observe la mort de millions, puis de milliards de neurones, entraînant l'apparition progressive des troubles de mémoire et de la cognition, puis une démence. Ces phénomènes partent d'une défaillance de l’hippocampe (structure du cerveau qui s’occupe de la mémoire à court terme) qui en s'étendant provoquerait la mort cellulaire.

Même si on ne connaît pas concrètement les causes de la maladie, plusieurs facteurs de risque entrent en jeu :

  • L’âge : l’incidence augmente après 65 ans et est plus forte après 80 ans.
  • Le sexe : les femmes sont plus susceptibles d’être touchées après 80 ans que les hommes.
  • Les gènes : on ne connaît pas encore très bien tous les gènes liés à la maladie d’Alzheimer, mais on sait que les personnes ayant un membre de leur famille touché ont un risque environ 10 à 30% plus élevé que le reste de la population d’être atteintes. L’ApoE est une structure à base de protéines, qui sert de transporteur au cholestérol et à d’autres graisses ou à des molécules qui ont une affinité pour les corps gras comme la vitamine E. Il existe plusieurs ApoE dans la population. La plus répandue (60% de la population environ), l’ApoE3 est neutre vis-à-vis de la maladie d’Alzheimer. En revanche, les personnes porteuses du gène ApoE2 semblent avoir moins de risque de déclarer la maladie. A l’inverse, les personnes qui portent l’ApoE4, soit 10 à 20% de la population ont un risque plus élevé. Cependant, ce n’est pas très utile de déterminer quel type d’ApoE on porte car toutes les personnes ayant cette forme génétique ne développent pas une maladie d'Azheimer, et aussi parce qu’il existe des moyens de compenser cette faiblesse.
  • La forme familiale héréditaire : si un parent est atteint de cette forme d’Alzheimer, les risques d’être touché sont d’environ 50%.
  • Les facteurs environnementaux :
    • L’hypertension artérielle
    • Le diabète
    • Les dyslipidémies
    • L’obésité
    • Les polluants : sont soupçonnés notamment des pesticides (DDT), des nitrosamines, l'aluminium, la pollution atmosphérique

Si ces facteurs environnementaux ne sont pas ou mal pris en charge à l’âge moyen (40-50 ans) les risques d’être atteint sont plus importants.

  • Autres facteurs environnementaux :
    • Microtraumatismes crâniens : risque accru chez les sportifs (surtout chez les boxers)
    • Anesthésies répétées
    • Tabagisme
    • Sédentarité
    • Antécédents de dépression

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Les 7 stades de la maladie d’Alzheimer

La maladie d'Alzheimer s'aggrave au fil du temps. Les experts ont défini des « stades » afin de décrire l'évolution des capacités d'une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer jusqu'à un stade avancé.

  • Stade 1: Aucune déficience

  • Stade 2: Déficit cognitif très léger

  • Stade 3: Déficit cognitif léger

  • Stade 4: Déficit cognitif modéré

  • Stade 5: Déficit cognitif modérément sévère

  • Stade 6: Déficit cognitif sévère

  • Stade 7: Déficit cognitif très sévère

 

 

Les stades décrits ci-dessous donnent un aperçu général de la façon dont les capacités d’une personne évoluent au cours de la maladie. Les symptômes et l’évolution de la maladie d’Alzheimer peuvent varier considérablement d’un individu à l’autre.

Ces sept stades s’appuient sur un système créé par le docteur Barry Reisberg, MD, chef de clinique de la New York University School of Medicine's Silberstein Aging and Dementia Research Center.

 

Stade 1 : Aucune déficience(fonctions normales)
La personne ne présente aucun trouble de la mémoire. Aucun symptôme de démence n’est décelé lors d’un entretien avec un professionnel de la santé.

 

Stade 2 : Déficit cognitif très léger (pouvant être lié à l’âge ou aux premiers signes de la maladie d’Alzheimer)
La personne a parfois l’impression d’avoir des trous de mémoire, d’oublier des mots courants ou l’endroit où se trouvent certains objets de la vie quotidienne. Mais aucun symptôme de démence n’est détecté lors d’examens médicaux ou par les amis, la famille ou les collègues.

 

Stade 3 : Déficit cognitif léger (ces symptômes permettent de diagnostiquer chez certaines personnes, mais pas toutes, le stade précoce de la maladie d’Alzheimer)
Les amis, la famille et les collègues commencent à remarquer certains troubles. Lors d’un examen médical approfondi, les médecins sont capables de déceler des troubles de la mémoire ou de la concentration. Les difficultés courantes au stade 3 comprennent :

 

  • des difficultés manifestes à trouver le bon mot ou nom ;
  • des difficultés à se souvenir du nom de personnes rencontrées récemment ;
  • avoir manifestement plus de difficulté à effectuer des tâches dans un contexte social ou professionnel ;
  • oublier quelque chose juste après l’avoir lu ;
  • perdre ou ranger au mauvais endroit un objet de valeur ;
  • des difficultés accrues à planifier ou à organiser.

Pour en savoir plus:Découvrir les 10 signes

 

Stade 4 : Déficit cognitif modéré (stade léger ou précoce de la maladie d’Alzheimer)
À ce stade, un examen médical approfondi permet normalement de déceler des symptômes évidents de la maladie dans plusieurs domaines :

 

  • l’oubli d’événements récents ;
  • l’altération de la capacité à résoudre des calculs mentaux, notamment le décompte de 7 en 7 à partir de 100 ;
  • des difficultés accrues à exécuter des tâches complexes, telles que la préparation d’un diner pour des invités, le règlement des factures ou la gestion des comptes ;
  • l’oubli de son propre passé ;
  • des sautes d’humeur ou un effacement, notamment dans des situations socialement ou mentalement éprouvantes.

 

Stade 5 : Déficit cognitif modérément sévère (stade modéré ou intermédiaire de la maladie d’Alzheimer)
Des troubles de la mémoire et du raisonnement sont perceptibles et les personnes ont désormais besoin d’aide pour les activités quotidiennes. À ce stade, les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer peuvent :

 

  • être incapables de se souvenir de leur propre adresse ou numéro de téléphone ou encore du lycée ou du collège qu’elles ont fréquenté ;
  • être désorientées sur le plan temporo-spatial ;
  • avoir des difficultés à résoudre des problèmes mathématiques simples, comme effectuer un décompte de 4 en 4 à partir de 40 et de 2 en 2 à partir de 20 ;
  • avoir besoin d’aide pour choisir des vêtements adaptés à la saison ou à une occasion particulière ;
  • se souvenir encore d’événements importants de leur vie ou de celle de leur famille ;
  • être encore autonome pour manger ou aller aux toilettes.

 

Stade 6 : Déficit cognitif sévère (stade modérément sévère ou intermédiaire de la maladie d’Alzheimer)
Les troubles de la mémoire continuent de s’aggraver, des modifications de la personnalité peuvent apparaitre et les personnes ont besoin d’une aide importante pour les activités quotidiennes. À ce stade, les personnes peuvent :

 

  • ne plus se souvenir d’événements récents de leur vie ou de celle de leur entourage ;
  • se souvenir de leur propre nom, mais avoir du mal à se souvenir de leur passé ;
  • faire la différence entre des visages familiers et inconnus, mais avoir du mal à se souvenir du nom de leur conjoint ou du personnel soignant ;
  • avoir besoin d’aide pour s’habiller convenablement et, sans supervision, faire des erreurs (par exemple, mettre leur pyjama par-dessus leurs vêtements ou inverser leurs chaussures) ;
  • avoir des troubles majeurs au niveau du rythme de sommeil (dormir le jour et être actif la nuit) ;
  • avoir besoin d’aide pour certains gestes liés à la toilette (par exemple, tirer la chasse d’eau, s’essuyer ou jeter le papier usagé) ;
  • souffrir de plus en plus souvent d’incontinences urinaires ou fécales ;
  • subir des modifications majeures de la personnalité ou du comportement, notamment ressentir de la défiance, avoir des hallucinations (croire, par exemple, que les membres du personnel soignant sont des imposteurs) ou présenter des troubles obsessionnels compulsifs comme se tordre les doigts ou déchirer du papier ;
  • avoir tendance à errer ou à se perdre.
 

Souvenez-vous : Les différents stades pouvant se chevaucher, il est difficile de déterminer à quel stade de la maladie se trouve une personne.

 

Stade 7 : Déficit cognitif très sévère (stade sévère ou avancé de la maladie d’Alzheimer)
Au cours de la phase terminale de la maladie, la personne n’est plus capable d’interagir avec son entourage, d’avoir une conversation, ni de contrôler ses gestes. Elle peut encore prononcer des mots ou des phrases.

À ce stade, la personne requiert une aide importante pour les activités quotidiennes telles que manger ou aller aux toilettes. Elle peut ne plus être capable de sourire, de se tenir assise et de lever la tête. Ses réflexes deviennent anormaux. Ses muscles se raidissent. Elle commence à avoir des troubles de la déglutition.

 

Suite : veuillez consulter notre site Web complet alz.org pour obtenir des renseignements sur les traitements, sur les prestations de soins au cours des différents stades de la maladie d’Alzheimer ainsi que sur la recherche. (Le contenu est en anglais.)

 

 

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